Si je savais faire semblant j’aurais fait comme toi

Quand on aime ressentir il faut savoir prendre le risque de souffrir. Et tu as souffert je te crois. Et j’ai souffert crois-moi. Tu avais le coeur occupé, pas moi. Il ne voulait que toi.

J’ai subi un amour contrarié par des obstacles invincibles. J’ai eu mal, de juillet à octobre, de décembre à janvier, de mars à juin. Sans trêve. Sans répit. Sans pitié.

Paris me parlait de toi, la nuit me rappelait ta peau, et le soleil me rappelait ton odeur. Les nuages me rappelaient ce que j’avais semé. Et je me disais : À quoi tu rêves ? Pour qui tes yeux dansent ? Tu ris beaucoup ? Tu aimes ses bras ? Tu penses à moi quand je pense à toi ? Et pourquoi me regardes-tu si tu ne veux pas de moi ? Comme tu as dû trouver ta vie simple quand tu n’étais pas avec moi !

Parce que j’étais : Intrigante. Insolente. Incompréhensible. Insupportable. Insaisissable. Autant de i qu’un je t’aime sans i ; il ne reste que l’âme.

Mais je ne t’en veux pas. je te comprends. Si je savais faire semblant j’aurais fait comme toi.

J’étais persuadée que tu m’aimais. Aujourd’hui je comprends enfin que je me trompais. Tu m’aimais bien. Tu m’aimais beaucoup. Mais… quand on aime, on aime. Quand on aime on ne peut attendre. Surtout pas de loin, quand on aime c’est de près. Et pas en photo, et pas en 4G, et pas pour après. Quand on aime c’est maintenant ou jamais.

Je me revois te quitter avec l’envie de t’embrasser. Parce que je n’étais pas encore libre. Parce que je me découvrais. Parce que je découvrais à travers tes yeux ce que j’avais toujours été. Parce que la vie est mal faite. C’est toujours poétique quand ça fait mal. Et puisqu’il n’y a pas d’amour heureux alors rien n’est grave. Mais il faut que tu cesses de parler de moi aux étoiles. Elles reviennent toujours tout me répéter. Et je ne veux plus rien savoir. J’eus pour habitude de traverser des périodes troubles et d’espérer un coup de vent pour éloigner les nuages.

Aujourd’hui le coup de vent c’est moi, et je ne veux que du soleil.